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 <title>HypnoSexo, le site de l'Hypnose et de la Sexologie</title>
 <subtitle><![CDATA[Hypnose et Sexologie, la Revue des praticiens. ]]></subtitle>
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 <updated>2026-04-17T04:31:38+02:00</updated>
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   <title>Grégory ou la force de l'arbre. Sylvie Sevin</title>
   <updated>2018-11-14T16:54:00+01:00</updated>
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   <category term="Hypnose et Sexologie" />
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   <published>2014-04-04T15:55:00+02:00</published>
   <author><name>Sylvie Sevin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Grégory m’est adressé par son urologue, pour dysfonctions érectiles traitées depuis trois mois par Cialis 20 mg à la demande. Ce nouveau patient est un homme de stature imposante mais à la démarche un peu hésitante. Il est très souriant, mais paraît perdu et gêné…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.hypnosexo.com/photo/art/default/6495088-9795913.jpg?v=1396620656" alt="Grégory ou la force de l'arbre. Sylvie Sevin" title="Grégory ou la force de l'arbre. Sylvie Sevin" />
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      <strong>LA DEMANDE</strong> <br />   <br />  A peine installé, il me dit qu’il repousse cette démarche depuis déjà six mois, qu’ila besoin de parler, mais c’est surtout la rencontre fortuite d’une ancienne patiente très satisfaite du travail fait ensemble avec des séances d’hypnose, qui l’a enfin décidé à venir consulter. Il espère que cette approche pourra l’aider… La demande de l’outil thérapeutique est donc dans ce cas claire dès le début, même si Grégory rajoute qu’il me fait confiance sur la façon dont je déciderai de travailler pourvu que « ça s’améliore un peu » et qu’il puisse arriver à avoir une sexualité normale sans médicaments. <br />   <br />  <strong>HISTOIRE CLINIQUE</strong> <br />   <br />  Grégory a 36 ans, il est ébéniste à trois-quarts temps depuis quinze ans dans une petite structure et n’a jamais vécu en couple ni eu d’histoire amoureuse jusqu’il y a huit mois. Il me demande si j’ai remarqué qu’il avait un certain handicap, qui pour lui était incompatible avec des rencontres amoureuses. Il est le petit dernier d’une famille de trois garçons. Ses parents sont mariés depuis quarante-cinq ans, famille au fonctionnement classique, les deux parents travaillent. Il décrit une mère un peu autoritaire et un père vu comme une force de la nature mais plus discret. Son enfance est tranquille un peu chouchouté par ses parents et chahuté par ses frères. C’est un garçon timide, gentil, à la scolarité sans histoire, il aime surtout le sport, l’athlétisme et partage avec son père le goût pour la nature et les grandes marches. A part les réflexions de ses frères ados, la sexualité n’est pas abordée dans son éducation et Grégory s’intéresse peu aux filles. L’année de ses 17 ans, des troubles moteurs entraînent des examens médicaux et une SEP est diagnostiquée. C’est un choc terrible pour ce jeune homme et toute sa famille qui le verra comme un « handicapé ». Grégory trop perturbé arrête ses études, ce qui l’isole des copains de son âge, et fait une dépression pour laquelle il sera suivi pendant deux ans. Il arrivera à rebondir et reprendra un cursus scolaire différent en apprenant l’ébénisterie, métier qui l’apaise beaucoup. Il habite chez ses parents, sa mère a arrêté de travailler pour s’occuper de lui, il sort peu, lit et rêve beaucoup de voyages. <br />   <br />  Lors du mariage d’un cousin, il a rencontré une jeune femme ingénieur de 28 ans, Anne, pour qui il a eu le « coup de foudre ». Par chance, Anne a été aussi séduite par ce bel homme particulier, sérieux, gentil et libre, comme elle me le décrira plus tard lors d’une consultation. Ils se fréquentent depuis, il est fou amoureux, mais a beaucoup de difficultés à avoir une érection ou à la maintenir. Grâce aux traitements, ils ont pu avoir quelques rapports mais cela reste compliqué et Grégory est paralysé par la peur de l’échec et la déception que son amie pourrait ressentir, bien que celle-ci ne cesse de le rassurer et semble beaucoup plus sereine et confiante. Il m’explique avec encore beaucoup d’émotion que dès l’annonce de sa maladie, il s’est interdit de s’intéresser aux filles, disant qu’il ne se marierait jamais ne pouvant imposer son « handicap » à une femme. Cette interdiction reviendra régulièrement dans nos entretiens : « Je n’ai pas le droit… » <br />   <br />  A 31 ans, étouffé par ses parents et boosté par ses frères, il décide de prendre un appartement et de se débrouiller seul. Il y parvient avec une discipline de vie <br />  assez stricte, il est de plus hospitalisé une fois par mois pour son traitement. Il a quelques copains et s’entend bien avec tout le monde, mais ne s’autorise pas à sortir ni à rencontrer des femmes. Sexuellement, il s’est peu masturbé et ne regarde pas de films pornos, il a apparemment étouffé tout éveil sexuel en lui avec une sévérité importante. D’après les médecins qui le suivent sa pathologie n’empêche pas une vie sexuelle harmonieuse, mais Grégory n’entend pas ce message positif. Il rêve d’une vie de couple mais s’interdit la possibilité de ce bonheur, pour lui « je n’ai pas le choix », jusqu’à la rencontre d’Anne, qui va tout remettre en question. Dès qu’il parle de son amie, il est submergé par l’émotion, pleurant facilement. Il l’appelle « mon miracle », vit dans l’angoisse de perdre ce bonheur, ne comprenant pas comment elle peut l’aimer. Anne est son premier et grand amour, tellement idolâtré qu’il en perd tous ses moyens. <br />   <br />  Anne, qui accompagnera deux fois son ami, est une jeune femme très sympathique souriante, plutôt extravertie. Elle se remet doucement d’une rupture difficile, douloureuse après deux ans de vie commune dans laquelle elle se sentait mal traitée. Elle est l’aînée d’une famille de trois enfants, indépendante, mais se dit méfiante envers les hommes même si elle aimerait se marier et avoir des enfants pas trop tard. On peut imaginer que le profil et la différence de Grégory ont été des atouts qui l’ont séduite. La maladie de Grégory a été évoquée dès leur première rencontre, mais n’a pas effrayé cette jeune femme énergique. Elle sera très vite d’une grande aide pour son ami, sans pour autant prendre un rôle d’infirmière, au contraire elle aura tendance à le secouer et ne supportera pas que quiconque le traite comme un handicapé. Anne est amoureuse et ne voit pas pourquoi leur couple ne pourrait s’épanouir sexuellement, <br />  privilégiant la sensualité et la complicité à la performance. Bien que peu inquiète car elle comprend bien que les blocages sont d’ordre plus psychologique, et <br />  ne sachant comment aider son ami, elle a assez vite initié la démarche sexuelle et aura un rôle déterminant dans l’évolution du couple. <br />   <br />  <strong>CHOIX DES PISTES CLINIQUES</strong> <br />   <br />  La demande thérapeutique en hypnose m’apparaît bien adaptée à ce patient pour pouvoir faire évoluer sa représentation corporelle, apporter des changements et des comportements différents et surtout positifs par rapport à son identité et sa virilité. Grégory possède une force intérieure et une volonté d’évoluer importante ainsi qu’une imagination et des images mentales riches et variées. Il faudra l’amener à lever cette interdiction au bonheur dans l’altérité, à s’autoriser le droit à la sexualité, à accepter le droit au plaisir sexuel. Il sera plus difficile de le rassurer sur une amélioration durable, Grégory reste traumatisé par le risque constant d’un choc qui ferait basculer sa vie, stress post-traumatique de l’annonce de sa pathologie. Il se protège, ne veut pas croire à son bonheur de peur de le perdre un jour. J’associerai cette approche hypnotique à un travail sur « la saine agressivité », afin qu’il puisse combattre sa trop grande émotivité obstacle pour pouvoir aller vers les autres, trouver une vraie place dans la société, et entrer en contact avec les femmes, donc avec Anne. <br />   <br />  <strong>APPROCHE THÉRAPEUTIQUE ET APPLICATION HYPNOTIQUE</strong> <br />   <br />  L’approche thérapeutique sera multiple, psychologique, systémique, d’où la présence d’Anne à quelques séances, comportementale, et essentiellement hypnotique, le seul but étant l’aide pour le patient.
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      <img src="https://www.hypnosexo.com/photo/art/default/6495088-9808805.jpg?v=1396882667" alt="Grégory ou la force de l'arbre. Sylvie Sevin" title="Grégory ou la force de l'arbre. Sylvie Sevin" />
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      <a class="link" href="https://www.hypnose-therapie-breve.org/shop/Hors-Serie-n-2-de-la-Revue-Sexualites-Humaines-Soigner-les-troubles-sexuels-par-l-hypnose-Etudes-cliniques_p68.html" rel="nofollow" target="_blank">Pour commander ce numéro</a> <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.hypnose-therapie-breve.org/shop/Revue-Sexualites-Humaines_l5.html" rel="nofollow" target="_blank">Pour commander les autres numéros à l'Unité</a>
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   <title>Paolo ou "entre mer et montagne". Isabelle Alet</title>
   <updated>2018-11-14T16:54:00+01:00</updated>
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   <category term="Hypnose et Sexologie" />
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   <published>2014-04-04T12:25:00+02:00</published>
   <author><name>Isabelle Alet</name></author>
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    <![CDATA[
Paolo a 37 ans. C’est un homme à l’allure dégingandée et pas très assurée. Le décès de son père a réveillé un ensemble de questionnements existentiels qui l’amènent à consulter. Il se plaint d’un sentiment d’incomplétude lié en partie à un problème d’éjaculation rapide.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.hypnosexo.com/photo/art/default/6494435-9794948.jpg?v=1396607620" alt="Paolo ou "entre mer et montagne". Isabelle Alet" title="Paolo ou "entre mer et montagne". Isabelle Alet" />
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      <strong>HISTOIRE CLINIQUE</strong> <br />   <br />  Intermittent du spectacle, il est père de deux enfants et vie en couple depuis quinze ans. Fils unique, issu d’un couple mixte entre un père argentin et une mère française, il grandit entouré de celle-ci et de sa grand-mère paternelle. Voilà deux ans que son père est décédé et il se sent toujours accablé par une immense tristesse. Son père a été un détenu politique pendant toutes ses jeunes années. Enfant, il ne le connaît qu’à travers les récits admiratifs de sa grand-mère paternelle. Il se construit l’image d’un père héroïque, capable de surmonter toutes les épreuves du destin. A 10 ans, le mythe s’écroule. Son père est libéré. <br />  Il rencontre un homme brisé par des années de détention, incapable de s’intéresser à lui et au monde qui l’entoure. Il relate des moments douloureux où son père pleure en réclamant son propre père mort en mer alors qu’il avait juste 2 ans. Paolo se surprend parfois à dialoguer intérieurement avec ce grand-père dont il porte le nom. Il l’implore de s’occuper de son fils. <br />   <br />  Adolescent, il se passionne pour les méthodes de torture de guerre. Sa grand-mère lui apprend que son père a subi des brûlures sur les parties génitales. Cette information le plonge dans un profond désarroi et la colère qu’il éprouvait pour lui se transforme en une immense compassion. A 17 ans, il enchaîne quelques rencontres amoureuses dont il attribue l’échec à son éjaculation rapide. Puis à 22 ans, il rencontre Caroline, sa compagne actuelle. Il est charmé par sa joie de vivre et son dynamisme. Elle ne semble pas souffrir de son éjaculation précoce. Violée pendant son adolescence, elle éprouve quelques <br />  réticences à la pénétration vaginale, elle préfère le coït anal. Ce « détail » dit-il a été déterminant dans son attachement pour elle. Il peut enfin vivre sa sexualité sans se sentir diminué. La pénétration anale ne génère aucune précipitation. Ils vivent quelques années de fougue charnelle et intellectuelle jusqu’à l’arrivée du second enfant. C’est à ce moment-là que Caroline souhaite réinvestir la zone vaginale. Il s’exécute et ressent une humiliation à chaque rapport devant la jouissance insatisfaite de sa compagne. Il a l’impression que le vagin est d’une chaleur si insupportable que cela l’oblige à jouir rapidement. <br />   <br />  <strong>LA DEMANDE</strong> <br />   <br />  Paolo formule le désir d’être mieux installé dans sa virilité. Il identifie deux symptômes symbolisant à ses yeux une difficulté à être homme : l’éjaculation rapide <br />  et la passivité. Quand je lui demande à quoi ressemble cet homme qu’il rêve de devenir, il répond : « Etre un homme c’est être engagé dans la vie, c’est s’engager dans son travail, arriver à satisfaire sa femme… alors que moi, je suis englué dans la passivité, je ne suis jamais vraiment dedans… » <br />   <br />  <strong>BASES THÉORICO-PRATIQUES</strong> <br />   <br />  Les premières séances furent consacrées à une investigation transgénérationnelle. La tristesse persistante qu’il affiche deux ans après le décès du père, associée à un sentiment de culpabilité m’incite à explorer ce deuil non fait. En dessinant l’arbre généalogique sur trois générations, Paolo se rend compte qu’il porte en lui deux deuils : celui de son père et le deuil non fait de son père pour son grand-père disparu en mer. Cette interprétation apporte un soulagement <br />  visible. Pendant plusieurs séances, il pleure de toutes ses larmes les souffrances de son père. Il ne se pardonne pas ses pensées haineuses envers lui. Il s’accuse de n’avoir pas su établir un dialogue avec lui. Il pleure également le père absent qui n’était pas là pour lui parler, pour le guider. Au fil des séances, l’émotion cède peu à peu la place à la verbalisation de ce qui n’a jamais pu être dit. Les théories psycho-dynamiques ont servi de support pour donner du sens au symptôme. <br />   <br />  Un dysfonctionnement apparaît au niveau de la phase d’individuation masculine, phase au cours de laquelle le garçon accède à la masculinité en se désidentifiant de sa mère. Entre sa mère et sa grand-mère, il ne peut pas s’identifier à un modèle masculin. L’image héroïque du père qu’il se construit est fragile, elle se conjugue à un sentiment d’abandon et de culpabilité. L’absence du père est manifeste tant physiquement que psychiquement. En effet, les rares récits sur le père émanent de la grand-mère. La mère bloque l’accès au père puisqu’elle ne le fait jamais exister dans son discours. Paolo ne peut donc se détacher du féminin pour accéder au processus de masculinisation. L’éjaculation précoce peut être interprétée comme la craindre d’être contaminé par la féminité et perdre ainsi son essence masculine fragile. Coïter signifie entrer dans la femme-mère avec peut-être le danger d’être ré-englouti par elle. Il redoute ce vagin brûlant qui pourrait le déposséder de son identité masculine, à l’instar de son père émasculé <br />  par des années de torture.
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   <title>Lucas ou créer la fierté masculine. Nathalie Dessaux</title>
   <updated>2018-11-14T16:55:00+01:00</updated>
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   <category term="Hypnose et Sexologie" />
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   <published>2014-04-03T17:26:00+02:00</published>
   <author><name>Nathalie Dessaux</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
« Si tu peux être amant sans être fou d’amour, Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre [sic] Tu seras un homme, mon fils. » André Maurois, d’après Rudyard Kipling     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.hypnosexo.com/photo/art/default/6492273-9791443.jpg?v=1396539623" alt="Lucas ou créer la fierté masculine. Nathalie Dessaux" title="Lucas ou créer la fierté masculine. Nathalie Dessaux" />
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      Quand l’érection se dérobe, encore et encore, c’est toute la fierté masculine qui s’éteint. La fierté, c’est cette émotion qui se développe à partir de notre sentiment de valeur personnelle. La fierté est la compagne de l’estime de soi. <br />   <br />  <strong>HISTOIRE CLINIQUE</strong> <br />   <br />  Lucas a 26 ans et s’il a effectivement débuté sa vie sexuelle vers 18 ans, il n’a jamais réussi à réaliser de pénétration : son érection disparaît dès lors qu’arrive le moment fatidique. C’est son urologue qui me l’adresse, après lui avoir fait essayer sans succès la petite pilule bleue. Lucas est totalement découragé. Il est vrai que son histoire sexuelle a mal commencé : atteint d’un phimosis depuis l’enfance, il n’ose pas s’en ouvrir à ses parents et ce n’est qu’après ses premiers essais de pénétration avec Julie, son premier amour, qu’il ose en parler à un médecin. Une opération le libère de cet obstacle à 19 ans. Mais ses tentatives de pénétration restent pourtant infructueuses. Sa relation amoureuse se poursuit malgré tout avec bonheur, ponctuée de tentatives <br />  de pénétration régulières qui ne font que renforcer son sentiment d’incompétence : le cercle infernal de l’anxiété de performance s’est installé. <br />   <br />  Parallèlement à cela, Lucas s’essaie à plusieurs orientations professionnelles : il suit deux années de formation à l’école d’infirmiers, puis renonce : la pression en service hospitalier lui semble trop difficile, il ne se sent pas à la hauteur. Il passe ensuite un brevet de moniteur sportif : Lucas est de stature athlétique, <br />  même si sa démarche discrète et le volume sonore de sa voix n’y rendent pas honneur. Ne trouvant pas de travail, il se résout à accepter un poste d’aide-soignant dans une maison de retraite dans laquelle il se sent bien. Et puis Julie a fait une dépression. Sa personnalité perfectionniste lui a joué ce mauvais tour. Lucas confie alors que Julie se montrait aussi de plus en plus insatisfaite de leur vie sexuelle et avait un discours disqualifiant à son égard. <br />  Ils décident de se séparer il y a un an et c’est finalement cette séparation qui pousse Lucas à consulter l’urologue qui l’envoie à moi. Ses essais de médicaments&nbsp; facilitateurs de l’érection se sont donc faits dans des conditions vraiment peu optimales : au sortir d’une séparation, à l’occasion de rencontres d’un soir, ce qui a malheureusement contribué à nourrir une image de lui très négative. Aujourd’hui, s’il est toujours entouré d’un bon cercle amical, il a renoncé à toute manoeuvre de séduction et fuit les rencontres féminines. A quoi bon, dit-il… <br />   <br />  <strong>BASES THÉORICO-PRATIQUES</strong> <br />   <br />  Selon André (2005), l’estime de soi est au carrefour des trois composantes essentielles du Soi : comportementale, cognitive et émotionnelle. Elle influence par <br />  conséquent notre capacité à agir, dépend du regard que nous portons sur nous et conditionne notre humeur. Elle est par ailleurs liée aux expériences subjectives d’approbation ou de rejet par les autres. La sexualité est une activité relationnelle fortement sujette à la construction de l’estime de soi. Notre épanouissement dans ce domaine participe à la valeur intrinsèque que nous pouvons nous attribuer. <br />   <br />  Il n’est donc pas usurpé de penser que les échecs sexuels répétés de Lucas aient pu avoir un impact sur tout le déroulé de sa (jeune) vie : insertion professionnelle par défaut et à distance de toute tentation, comportement verbal et non verbal, tout en Lucas évoquait le manque d’allant. Le modèle des dysfonctions sexuelles établi par Barlow (1986) met parfaitement en évidence le rôle de l’anxiété dans les dysfonctionnements érectiles. Les cognitions auto-dévaluatrices et l’anticipation anxieuse développent un fonctionnement cognitif particulier dans une focalisation de l’attention dirigée en priorité vers tous <br />  les indices évocateurs de danger : <br />  • signaux externes : comportement, expression ou discours de la partenaire, luminosité… <br />  • signaux internes : ruminations anxieuses et écoute intérieure du niveau d’érection, mais dans une sous-évaluation constante. <br />   <br />  Enrichissant ce modèle, Wiegel, Scepkowski et Barlow (2007) précisent que les hommes en difficulté sexuelle développent une mentalité sexuelle particulière <br />  définie par des attentes de manque de contrôle de la situation, là où les individus fonctionnels démontrent une mentalité empreinte de certitudes en « illusion de contrôle ». Ces attentes négatives, composante cognitive de l’anxiété de performance, augmentent le tonus sympathique inhibiteur de l’érection. On peut également affirmer sans trop se tromper que l’attitude de sa jeune compagne, toute excusable qu’elle soit, fait partie des facteurs de maintien de la difficulté érectile de Lucas. <br />   <br />  Dans une enquête d’opinion, Colson (2006) démontre que le début de la vie sexuelle (tranche d’âge des 20-24 ans) apparaît comme une période favorisant les pannes d’érection (24 % des jeunes femmes interrogées ont vécu une DE chez leur partenaire). Les jeunes femmes de cette catégorie semblent même en souffrir davantage que leurs aînées. Si la majorité se veut apaisante, certaines d’entre elles se disent agacées et frustrées (31 %). La femme représente un élément déterminant dans l’évolution de ce trouble. Les reproches, refus sexuel ou discours disqualifiants entretiennent la difficulté. On connaît la nécessité masculine d’asseoir un bon narcissisme phallique pour développer une compétence érectile coïtale. <br />   <br />  L’adolescence de Lucas, marquée par le sentiment d’être le propriétaire d’un organe différent, a fait le lit de sa dysfonction, le construisant dans une certaine réserve sexuée. Et pourtant, la notion d’« agressivité phallique » est au centre de la fonctionnalité sexuelle masculine. Crépault (2004) la définit comme le facteur essentiel du développement de l’identité sexuelle du garçon : « Elle renvoie à l’ensemble des fantasmes et des conduites manifestes visant à démontrer la puissance phallique et à imposer une domination intersexuelle ou intrasexuelle. » Sa construction installe une image de soi comme homme désirant et pénétrant. Son déficit est au centre de la dysfonction érectile coïtale et développe une anxiété de masculinitude. <br />   <br />  <strong>CHOIX DES PISTES CLINIQUES</strong> <br />   <br />  L’objectif thérapeutique pour cette prise en charge était de transformer l’image corporelle génitale de Lucas, de manière à modifier son anticipation anxieuse responsable à la fois de la perte d’érection et des évitements expérientiels de rencontre. Il était donc question d’émotionnel, d’imaginaire, de sécurité relationnelle et de projection optimiste dans le futur : le recours à l’outil hypnotique s’imposait. Il permettrait à Lucas de cesser tout jugement critique et de recréer l’espérance qui accompagnerait la remise en mouvement.
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