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  <title>HypnoSexo, le site de l'Hypnose et de la Sexologie</title>
  <description><![CDATA[Hypnose et Sexologie, la Revue des praticiens. ]]></description>
  <link>https://www.hypnosexo.com/</link>
  <language>fr</language>
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   <title>La sexualité s'invite chez le non-sexologue</title>
   <pubDate>Mon, 26 Sep 2016 17:14:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
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   <dc:creator>Laurent GROSS</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Hypnose et Sexologie]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Dans les débuts de ma pratique de l’hypnose, certains collègues chirurgiens m’envoyaient ce que j’appelle des « os », c’est-à-dire des cas impossibles, où à coup sûr je pourrais me casser les dents. Ainsi un collègue urologue m’adresse un patient pour des troubles de l’érection…     <div><b>Camilla et les gratte-ciel</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.hypnosexo.com/photo/art/default/10284074-16797245.jpg?v=1474902648" alt="La sexualité s'invite chez le non-sexologue" title="La sexualité s'invite chez le non-sexologue" />
     </div>
     <div>
      Je me prépare psychologiquement à cette première consultation, et la première image qui me vient à l’esprit, alors que je rentre d’un séjour à New York, est une image de gratte-ciel dressés vers le ciel. Vous voyez ce que je veux dire… <br />  Le patient arrive. Entretien soigneux. Il a environ 60 ans, et de temps en temps son membre viril marque quelques signes de faiblesse, ce qui perturbe beaucoup son épouse, qui s’imagine qu’il a une maîtresse. <br />  Il m’explique que pas du tout. Je lui demande s’il lui arrive d’avoir des érections quand il regarde des images érotiques ou des sites porno. Il répond qu’il n’a pas ce genre d’occupations. En gros, c’est un bon mari qui désire toujours sa femme, mais qui souffre de ne pas pouvoir toujours la contenter. <br />  &nbsp; <br />  Je commence donc la séance d’hypnose, et commence à lui parler de l’Empire State Building, du Chrysler Building de mon dernier séjour à New York. Il m’écoute gentiment, ferme les yeux. J’induis une catalepsie. Tout va bien. Au bout d’un moment, il ouvre les yeux et me dit qu’il ne comprend pas, qu’il pensait que nous parlerions de gros seins et de choses excitantes. Nous éclatons de rire tous les deux. Je lui dis&nbsp;: « Vous voyez, l’essentiel est de jouer, de rigoler, d’être complice avec votre épouse », en prononçant « jouer » comme si je disais « jouir », tout en citant un copain qui me dit que chaque fois qu’il voit une photo du prince Charles et de Camilla, ils sont en train de rire, comme s’ils venaient de se faire une farce. <br />  Je conclus l’entretien en lui conseillant de prendre tout ça à la rigolade, et de jouer, jouer, jouer, comme le prince Charles et Camilla. <br />  Je raconte cette séance à une collègue hypnothérapeute qui éclate de rire et me dit&nbsp;: « Jean-Michel, un patient vient te voir pour des troubles de l’érection et tu lui parles de Camilla ?! »
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Nous sommes tous des lapins</b></div>
     <div>
      Il y a quelques années, j’étais invité à un dîner à thème, le genre de choses à éviter à tout prix. Notre hôtesse avait décidé que le thème serait « le sens de la vie » et que chacun devrait venir exposer et discuter de cela avec les autres convives. Cela ne soulevait guère mon enthousiasme, aussi j’ai écouté patiemment et poliment chacun des invités, jusqu’au moment où quelqu’un fit remarquer que je n’avais toujours rien dit. <br />  Sachant qu’il y avait plusieurs gynécologues, dont une spécialiste de la PMA (Procréation médicalement assistée), je décidais d’être iconoclaste et de lancer un pavé dans la mare, en expliquant que nous sommes tous comme des lapins, que le seul et unique but de tout ça est de se reproduire. Le reste, c’est pour faire joli. Mon intervention eut au moins le mérite de dérider l’assemblée et de la faire rentrer dans un débat plus authentique.&nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Des thérapies « complémentaires » </b></div>
     <div>
      Finalement, parler de sexualité c’est soit parler de reproduction, soit parler de ce qui fait que nous avons envie de pratiquer l’acte servant à se reproduire. Je fais confiance en la médecine occidentale pour faire tous les bilans, les diagnostics et les traitements des troubles de la reproduction, aussi bien chez l’homme, que chez la femme. Pour les cas où la médecine occidentale est impuissante, l’hypnose ou la médecine traditionnelle chinoise (MTC) peuvent intervenir, « en complément ».&nbsp; <br />   <br />  <strong>JEAN-MICHEL HÉRIN</strong> <br />  <strong>Médecin anesthésiste</strong> <br />  <strong>Centre Hospitalier Intercommunal </strong> <br />  <strong>Quimper</strong> <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.hypnosexo.com/photo/art/default/10284074-16797290.jpg?v=1474902467" alt="La sexualité s'invite chez le non-sexologue" title="La sexualité s'invite chez le non-sexologue" />
     </div>
     <div>
      <a class="link" href="https://www.hypnose-therapie-breve.org/shop/Sexualites-Humaines-n-29-version-Papier_p98.html" rel="nofollow" target="_blank">Pour commander ce numéro</a> <br />   <br />  <a class="link" href="https://www.hypnose-therapie-breve.org/shop/Revue-Sexualites-Humaines_l5.html" rel="nofollow" target="_blank">Pour commander les autres numéros à l'Unité</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Visages du désir amoureux. Joëlle Mignot</title>
   <pubDate>Tue, 16 Sep 2014 17:02:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Joëlle Mignot</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Hypnose et Sexologie]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.hypnosexo.com/photo/art/default/6992052-10694536.jpg?v=1410881635" alt="Visages du désir amoureux. Joëlle Mignot" title="Visages du désir amoureux. Joëlle Mignot" />
     </div>
     <div>
      Une fois n’est pas coutume, je vais partir du travail d’Erickson avec Jay Haley dans « Changer les couples ». En effet, sont proposés par le maître de l’hypnose, quatre modèles amoureux tout à fait passionnants dans leur proximité avec ce que nous constatons dans les consultations quotidiennes des couples. <br />   <br />  Trois présupposés président à ce travail : <br />  - Si aimer est déjà un état hypnotique, désirer s'apparente à la transe et "faire l'amour", dans le beau sens du terme, nécessite un état modifié de conscience. <br />  - Il s’agit ici de partir des fonctionnements de couples « construits » et ayant une vie commune, quel qu’en soit le modèle social (adapté au monde d’aujourd’hui, union libre, mariage, pacs). Ce sont des couples qui disent « s’aimer ». <br />  - L’hypnose en couple peut être une bonne alternative à leur évolution. Nous verrons comment dans la dernière partie de ce travail. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>QUATRE MODÈLES</b></div>
     <div>
      Les conséquences de ces « modèles » sur la relation sexuelle sont souvent la source de la demande de consultation. Certains éléments peuvent être «préconscients dans la relation » mais sont essentiellement inconscients, soit pour les deux, soit pour l’un des deux, signifiant un décalage de maturité affective et/ou sexuelle entre les deux membres du couple. Dans ce cas, la souffrance est exprimée surtout à travers la plainte du partenaire. <br />   <br />  1 - « Je m’aime moi. » <br />   <br />  2 - « Je m’aime en toi. » <br />   <br />  3 - « Je t’aime parce que tes yeux… me plaisent. » <br />   <br />  4 - « Je veux t’aimer car mon bonheur est ton bonheur. » <br />   <br />  Ces quatre modèles de relation gagnent à être éclairés par le concept de « collusion » théorisé par le psychanalyste Jürg Willi 2 qui intègre la notion de couple comme entité à part entière (dyade). La définition du terme est déjà éloquente : « Entente secrète entre deux ou plusieurs personnes pour nuire à un tiers », notion d’entente des deux partenaires, dans le secret de la relation pouvant « nuire » au couple. Cum ludere, la racine latine, renvoie à la notion de jeu, un jeu qui est une sorte de mensonge, qui ne traduit pas tout à fait la réalité. « Cette collusion peut avoir des effets tragiques douloureux, elle est mensonge en tant qu’elle n’est pas reconnue, repérée, voulue par les partenaires qui se trompent chacun, et l’un l’autre, dans ce jeu névrotique inconscient. » Jürg Willi définit trois principes de fonctionnement pour la réussite d’une relation conjugale : le premier est le principe de délimitation, le couple doit se définir nettement en tant que lui-même vis-à-vis de l’extérieur. <br />   <br />  Second principe : les pôles régressifs-infantiles et progressifs-adultes ne doivent pas se répartir de façons opposées (et rigides) entre les partenaires. Enfin l’équilibre du sentiment de valeur personnelle doit être respecté pour les deux. En d’autres termes, le couple doit vivre pour et par lui-même, les rôles doivent être souples et non pas fixés (retour à des comportements enfantins), la reconnaissance et la bienveillance doivent prévaloir. De plus, il définit la relation « conjugale » comme un processus soumis aux ambivalences et aux crises qui se confrontent la plupart du temps aux idéalisations du début de la relation. Les phases se succèdent ensuite : phase de création du couple stable, phase de structuration et de productivité, crise du milieu de la vie, vie du couple âgé. Notons que les différents types de collusion ne sont en aucun cas des catégories de vie conjugale mais servent ici de points de repère avec en arrière-plan le conflit.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>ERICKSON ÉCLAIRÉ PAR LE CONCEPT DE COLLUSION</b></div>
     <div>
      Sur ces quelques bases, revenons aux conceptions du couple amoureux pour Erickson éclairé pour les trois premiers par Jürg Willi. La forme infantile est déclinée en deux étapes liées aux narcissismes primaires et secondaires : <br />   <br />  1 - « “Je m’aime moi” donc je ne pense qu’à moi, ce que tu désires m’indiffère, c’est mon désir qui compte… comme “je suis toi”. » Sur un plan affectif, les conséquences sur le partenaire sont un sentiment de ne pas être reconnu, d’être dévalorisé, souvent marqué par des effets pour le partenaire comme « Je ne suis là que pour les tâches ménagères, je suis la bonne à la maison » ou « Je ne suis là que pour rapporter de l’argent… » Sur le plan sexuel, la sensation de ne pas compter dans la recherche du plaisir et l’expression des sentiments. Le mode d’approche de la sexualité est calqué sur le mode pulsionnel fusionnel. Mon plaisir d’abord ! L’autre a le sentiment d’être laissé pour compte sur tous les plans. Nous sommes là sur un mode de fonctionnement archaïque. Nous y retrouvons la forme la plus régressive de la collusion narcissique. « L’autre doit vivre pour moi pendant que, comme Narcisse, je suis fasciné par ma propre image… » <br />   <br />  2 - « Je m’aime en toi », le moi en toi, c’est-à-dire l’amour fusionnel où la projection de soi en l’autre, « c’est une partie de toi qui me ressemble qui me plaît… »
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.hypnosexo.com/photo/art/default/6992052-10694592.jpg?v=1412946130" alt="Visages du désir amoureux. Joëlle Mignot" title="Visages du désir amoureux. Joëlle Mignot" />
     </div>
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      <a class="link" href="https://www.hypnose-therapie-breve.org/shop/Revue-Sexualites-Humaines_l5.html" rel="nofollow" target="_blank">Pour commander les autres numéros à l'Unité</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <title>Une thérapie de couple par l'hypnose. Véronique Cohier Rahban</title>
   <pubDate>Tue, 16 Sep 2014 15:21:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Joëlle Mignot</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Hypnose et Sexologie]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   INTRODUCTION Dans cet article, je vais, en m'appuyant sur un exemple clinique de thérapie de couple, expliciter ma façon d'utiliser l'hypnose, ce que cette technique me permet d'appréhender et ce qu'elle représente dans mon travail. Il s'agit d'une réflexion sur ma posture de psychologue psychothérapeute, qui est spécifique et non généralisable. Son but est d'ouvrir un certain nombre de questionnements qui peuvent émerger dans d'autres thérapies de couple et d'autres utilisations de l'hypnose. D'un point de vue théorique, je m'appuie sur des formations analytiques et systémiques préalables à ma formation à l'hypnose. Je préciserai mes représentations de ce qu'est un couple, de ce que j’utilise pour travailler et des objectifs d'une thérapie de couple.     <div><b>HYPNOSE</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.hypnosexo.com/photo/art/default/6991294-10692226.jpg?v=1410876958" alt="Une thérapie de couple par l'hypnose. Véronique Cohier Rahban" title="Une thérapie de couple par l'hypnose. Véronique Cohier Rahban" />
     </div>
     <div>
      Je vais développer la manière dont je considère l'hypnose et illustrerai son utilisation par sa description dans une thérapie de couple. Je m'appuierai sur une <br />  illustration clinique détaillée pour montrer comment l'hypnose peut être une intervention qui donne des informations à la fois sur la forme relationnelle du couple et sur le contenu qui concerne le vécu expérimenté par chaque personne composant le couple. L'utilisation de l'hypnose permet un travail sur la forme et sur le contenu, différent et complémentaire, voire complétant, un travail impliquant uniquement l'élaboration verbale. J'utilise l'hypnose depuis sept ans. Au départ, cette technique m'inquiétait beaucoup. Je ne voulais pas l'utiliser malgré l'encouragement répété des formateurs : « Lancez-vous, l'hypnose c'est comme le vélo, si on ne pratique pas on n'apprend pas. » Du fait de ma manière de travailler, trois mois après le début de ma formation, des personnes sont entrées en transe hypnotique sans que je comprenne comment j'avais induit cet état. Ces patients, manifestement très compréhensifs sur mes réticences, m'ont appris à utiliser cette technique et à prendre confiance dans son utilisation. J'ai mis quelques mois à comprendre comment cet état hypnotique apparaissait puisque l'on m'apprenait, en formation, des inductions formelles. Je ne voulais surtout pas les utiliser avant d'être sûre de bien comprendre et de contrôler cette technique ! <br />   <br />  Ma pratique, c'est-à-dire la manière dont j'utilise l'hypnose et l'induis en séance, est imprégnée par ces débuts. Je ne fais aucune induction formelle. Depuis, j'ai lâché l'envie et le besoin de comprendre... et de contrôler. Mes patients, en plus des formateurs (je continue toujours à me former), m'ont appris le principal de l'hypnose : le lâcher-prise et la confiance fondamentale en soi-même et en ses propres ressources. Je différencie l'hypnose conversationnelle de l'hypnose telle que je la conçois. Finalement, j'utilisais l'hypnose conversationnelle bien avant d'en entendre parler. Le fait que les patients se retrouvent dans cet état spécifique, sans que je comprenne comment, m'a contrainte à déconstruire ma pratique pour m'apercevoir que ma manière d'agir dans les échanges verbaux est souvent très « confusionnante » pour les patients. Le fait de simplement poser la question sur la sensation physique, présente à un moment précis de notre échange, focalise l'attention et introduit le corps, sa mémoire, en séance. Je considère que l'effet est très différent comparé à celui qui consiste à rester au niveau d'une hypnose conversationnelle ou d'une élaboration verbale sans hypnose. L'expérimentation vécue dans le corps en hypnose dans l'ici et maintenant d'une séance associée à l'élaboration verbale, sous une forme ou une autre, sont complémentaires. Ils ouvrent les portes différemment, à des moments plus adaptés au vécu et aux capacités à cette période-là de cette personne-là. Je considère aujourd'hui le processus hypnotique comme une sorte de double du système immunitaire physiologique. En effet, cet état permet de contourner les biais cognitifs d'apprentissage et de raisonnements, soi-disant logiques, toujours cohérents avec le monde de la personne concernée mais qui posent problèmes. Dans cet état particulier de fonctionnement cérébral qu’est l’hypnose, la personne se reconnecte à l'essentiel d’elle-même, à ce qui lui convient, à ses solutions, à ses ressources. <br />   <br />  Contrairement à de nombreuses idées reçues et réticences de personnes qui viennent en consultation, on ne peut pas obliger qui que ce soit à quoi que ce soit dont il ne voudrait pas dans cet état hypnotique. On ne peut pas non plus réaliser de miracle. Entre ces deux extrêmes, la technique hypnotique nécessite un investissement de chaque personne présente. Le thérapeute pour accompagner, guider, contenir,et lepatient pour faire son travail. Son travail consistant, par exemple, à trouver des « solutions» différentes de celles qu'il applique déjà à des problématiques qui le bloquent et qui sont en général associées à de la souffrance pour laquelle il est venu consulter. Si on « ne peut pas ne pas communiquer », on ne peut pas non plus ne pas influencer. Mais en utilisant l'état hypnotique, nous permettons au patient de s'approcher au plus près de ce qui le concerne, de ce qu'il est, de ce qui en fait un sujet désirant. Le travail de transformation, de changement se fera à partir d'un travail sur les sensations physiques directes. Le corps guide la séance. L’imagination aussi, comme nous le verrons dans l’exemple clinique. <br />   <br />  Une personne qui ne sera pas prête à prendre certaines décisions, dont elle sait « raisonnablement » qu'il vaudrait mieux les prendre, ne le fera pas. Le processus hypnotique la conduira vers ce qui est nécessaire pour elle à ce moment. Par exemple, je me souviens d'une personne coincée derrière un mur où tout est gris. Elle décide d'escalader ce mur, se met à califourchon dessus et voit des lumières, des couleurs, de la vie... de l'autre côté. Elle décide de rester à califourchon puis fait demi-tour. Elle retourne vers le gris. Ce n'est que deux ans plus tard, après avoir visité ce gris de manière suffisante manifestement pour elle, qu'elle a pris la décision de passer à la couleur. Concrètement, elle a quitté son mari qui buvait et la violentait depuis de nombreuses années. Bien entendu, le travail intermédiaire a été fait d'élaborations verbales liées à son histoire passée, présente et future, associée parfois à l'hypnose. L'utilisation de l'hypnose est un moyen d'amplifier la confiance de chaque personne en ses propres capacités. L'état émotionnel et affectif est puissant dans ces moments. <br />   <br />  L'alliance thérapeutique est renforcée ainsi que l'expérimentation d'une sécurité affective quand la personne peut elle-même lâcher prise. L'alliance, la confiance et la sécurité affective construites en séance sont des états fluctuants, fragiles d'autant plus quand les histoires relationnelles des personnes qui viennent consulter ont été chaotiques. Ceci implique que ces divers éléments, potentiellement thérapeutiques, soient vérifiés et renforcés régulièrement par le thérapeute. Lors de la première séance, j'énonce toujours que j'utilise l'hypnose dans la thérapie et propose aux personnes de répondre aux questions qu'elles se posent à ce sujet. Puis je n'en parle plus. J'agis. Je l'utilise dans certaines séances, de manière toujours informelle. L'hypnose se glisse littéralement dans le rythme de la thérapie. Elle prend place dans le processus en cours, un processus d'élaboration verbale, associé à un état émotionnel particulier. Le corps s'invite dans la partie. La scène est complète. C'està- dire que le cognitif, le corporel, l'émotionnel et l'affectif de la personne sont actifs et présents. Je pense que ces quatre éléments nous constituent. Pour diverses raisons, certains peuvent être mis de côté, laissant la personne traverser la vie de manière <br />  « incomplète ». Ces raisons sont toujours une question de défense, une solution à un moment de vie. Cette solution participe au problème ou est devenue « le problème » lorsque les personnes viennent consulter. Un des intérêts de l'hypnose est de redonner accès à la personne à tout ce qui la constitue, de regrouper ou réunifier chaque partie d'elle-même et d'avoir accès à des ressources présentes mais utilisées jusque-là. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>EN QUOI L'HYPNOSE EST UTILE ?</b></div>
     <div>
      Avant l'hypnose, je travaillais avec des résultats qui semblaient satisfaire la plupart des patients. En effet, on peut très bien contacter au fur et à mesure de l'élaboration verbale ces éléments qui posent problème au travers de ce qui se joue dans la relation transférentielle, dans cette relation qui n'est toujours que <br />  potentiellement thérapeutique...,Des mouvements imperceptibles, agis et non dits puisqu'ils font partie d'un fonctionnement habituel et non conscient des personnes, existent et apparaissent régulièrement dans l'échange thérapeutique. Même si nous les soulignons et qu'ils donnent lieu à une élaboration verbale, il me semble que la modification des sensations corporelles est effective seulement en passant par ce vécu hypnotique. L'élaboration verbale est fondamentale mais la mémoire du corps reste présente et active si on n'utilise pas l'hypnose. <br />   <br />  L'hypnose va permettre d'utiliser cette « mémoire corporelle », « sensationnelle ». A chaque événement important et/ou répétitif, le corps réagit. Il intègre des sensations, lesquelles lorsqu'elles sont répétées deviennent des traces. Les événements vécus comme importants pour la personne concernée, de quelque nature qu'ils soient, agréables ou non, laissent des traces, s'inscrivent au niveau du corps. Un des objectifs, pour que le travail devienne effectivement thérapeutique, est deles utiliser lorsqu'elles sont réactivées. Repérer les situations qui permettent cette réactivation permet d'accéder à ces inscriptions corporelles.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’OBSERVATION</b></div>
     <div>
      Nous savons combien l'observation est principale. Elle se situe à deux niveaux : <br />   <br />  1 - Ma propre observation en tant que thérapeute est fondamentale. Je suis mon propre outil de travail, l'élément de base pour repérer, sentir les variations de mes sensations, émotions et affects. Un travail personnel est donc indispensable pour repérer ce qui m'appartient et ce qui appartient à l'autre, différencier pour avoir accès au vécu en commun et à la part de l'autre en moi. Mon travail est de le repérer, l'identifier, l'analyser puis le restituer. Le traduire pour l'autre. Le relier à la problématique et à l'histoire du patient. Le travail ira vers une élaboration verbale, un échange cherchant à amplifier cet état émotionnel de manière à avoir accès à ces traces en vivant et reconnaissant cet état émotionnel identique ou proche de celui qui a accompagné d'autres événements. L'état hypnotique sera déclenché à ce moment. Lorsque tout est réuni en terme de situations contextualisées, cognitions associées, d'intensité des émotions et ressentis qui y sont liés, alors le corps intervient grâce à l'utilisation de l'hypnose. Ensuite, un travail de transformation du vécu corporel utilisant diverses techniques hypnotiques sera l'objectif recherché. J'interviens de moins en moins durant ce travail de recherche intense de la personne. <br />   <br />  2 - L'observation du patient. Ses moindres réactions, micro-mouvements, changements de position, de rythme dans le récit, d'absence, d'arrêt, du ton, de l'expression... je le saisis, repère en moi l'effet obtenu puis l'amplifie chez l'autre. Une fois cette amplification obtenue, je focalise la personne sur la manière dont son corps réagit à ce qu'elle dit, pense et ressent à ce moment-là. Puis à nouveau, un travail de transformation de ces traces est fait par la personne elle-même. Je ne fais alors que soutenir ce mouvement, parfois par ma seule présence, parfois par quelques questions, parfois de manière plus active. <br />  Je ne suis pas une thérapeute « neutre » qui « attend » l'événement. Dès que je le perçois, je le saisis, l'amplifie et l'utilise. Je peux aussi le provoquer lorsque j'aiobservé et analysé un contexte qui réactive le problème. Une fois plongée dans sa problématique, chaque personne cherchera elle-même sa solution. Cette <br />  manière de travailler nécessite deux conditions de base : une alliance thérapeutique solide et construite au fur et à mesure des séances. Un espace sécurisant et sécurisé, c'est-à-dire que je prenne le temps (et le risque - uniquement apparent) de vérifier et construire cette sécurité relationnelle dans cet espace qui pourra, alors seulement, devenir thérapeutique. Cette manière de travailler implique nécessairement une présence enveloppante et un engagement du thérapeute dont le patient doit être assuré. <br />   <br />  Lorsque l'on travaille avec un couple, ces constructions de l'alliance thérapeutique et de la sécurité affective nécessitent une attention partagée aux besoins des trois individus composant le couple : chaque personne et la relation qu'ils ont construite. Chacun n’est pas en sécurité et en confiance de la même manière. Chacun la construit et l’entretient différemment. Le thérapeute ne peut construire et amplifier un confort, une sécurité, une alliance thérapeutique que s'il est attentif à son propre confort de travail, sa propre sécurité affective et le lien avec les patients qui donneront une alliance suffisamment solide pour s'appuyer dessus et travailler. Si le thérapeute ne fait pas attention à ses propres malaises dans la relation construite, alors il lui sera difficile, voire impossible, de construire les bases d'un changement thérapeutique avec l'autre. On ne peut changer, c'est-à-dire aller vers l'inconnu, que si l'on se sent en sécurité là où on est, sinon on se fige ou on fait demi-tour. Utiliser son propre « malaise » relationnel n'est pas toujours facile pour le thérapeute. Il peut avoir peur de le faire pour diverses raisons ou peut ne pas savoir comment le faire. C'est le but, l'intérêt et les objectifs des formations, des supervisions et du travail psychothérapeutique personnel. Dans une relation avec un couple, le thérapeute doit pouvoir avoir une attention multidirectionnelle au niveau de la forme, du processus engagé et du contenu. Cette attention se place envers lui-même, envers chaque partenaire et envers le couple construit.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>LE COUPLE ET LA RELATION</b></div>
     <div>
      C'est en lisant le livre de Philippe Caillé 3, « 1+1=3 », que j'ai pu me construire la représentation la plus opérationnelle pour travailler avec les couples. De manière très schématique, le système couple comprend chaque individu et la relation qu'ils ont construite ensemble. Cette relation est à considérer comme un « individu » à part entière, une entité propre, un système vivant. Chaque individu évolue au fil du temps, cette entité aussi. Un écart important entre les attentes de chacun et cette construction peut apparaître, ce qui fait que le couple va se trouver dans une situation de crise : <br />   <br />  • Soit ils pourront la résoudre eux-mêmes, c'est-à-dire aller rendre visite à leur relation et voir où et comment elle ne répond plus à leurs attentes. Ceci nécessite une grande souplesse psychique et une sécurité affective au niveau personnel et inter-relationnel. <br />   <br />  • Soit ce remaniement et les visites à deux de cette relation ne sont pas ou plus possibles ni productives et les couples peuvent décider de se séparer, enterrer le problème et attendre la suite ou venir consulter un psychothérapeute de couple. En ce qui me concerne, je ne travaille pas « à réparer » la relation. Mon engagement consiste à permettre aux deux personnes de savoir comment elles ont construit cette relation. En quoi elle ne leur convient plus, ce qu'elles veulent en faire (la modifier ou la laisser tomber, dans ce dernier cas elles se sépareront). Comment modifier leur relation sera le travail thérapeutique (quel que soit le sens de cette évolution). Comprendre et définir ce qui peut les motiver à se séparer peut être le but du travail thérapeutique avec un couple. <br />  Cette visite et modification de la relation peuvent donc aboutir à une séparation ou au contraire à un renforcement de la relation. Mon objectif est de leur permettre de faire le choix qui leur conviendra avec des arguments construits et rendus explicites pour chacun. Quel que soit ce choix, chacun doit y parvenir grâce à ce qui sera devenu conscient avec le travail d’élaboration verbale et l’utilisation de l’hypnose.
     </div>
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     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.hypnosexo.com/photo/art/default/6991294-10692419.jpg?v=1412946166" alt="Une thérapie de couple par l'hypnose. Véronique Cohier Rahban" title="Une thérapie de couple par l'hypnose. Véronique Cohier Rahban" />
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      <a class="link" href="https://www.hypnose-therapie-breve.org/shop/Revue-Sexualites-Humaines_l5.html" rel="nofollow" target="_blank">Pour commander les autres numéros</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Hypnose, inceste et ancêtres. Clothilde Lalanne</title>
   <pubDate>Tue, 16 Sep 2014 11:27:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Joëlle Mignot</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Hypnose et Sexologie]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   INTRODUCTION Hypnose et inceste : quels liens vous demandez-vous peut-être ? Liens de pouvoir sur un corps, sur un esprit ? Trop simple. Insuffisant. Freud s’est intéressé à l’hypnose peu de temps. Elle a été un des éléments induisant le « laisser venir » et les associations. Elle était à son époque considérée comme une prise de pouvoir sur le patient, alors que ce dernier garde sa liberté d’être « en hypnose » ou pas, c’est son travail sur l’hypnose qui l’a amené à… la psychanalyse, c’est-à-dire à la relation transférentielle. Jung, par contre, l’utilisa dans de nombreux cas. Il y renonça, ne comprenant pas ce qui s’était déroulé et craignant les récidives des symptômes disparus. Malgré son scepticisme du départ, il reconnut de nombreuses guérisons grâce à la thérapie et l’hypnose, ce que nous appelons aujourd’hui l’hypnoanalyse ou l’hypnothérapie. Nous allons essayer de comprendre ensemble les interactions possibles entre hypnose et inceste. Comment l’hypnose peut être active pour s’approprier à nouveau son corps, pour que l’esprit redevienne pilote en son véhicule, qu’il reprenne le gouvernail. Comment sortir de se sentir coupable d’être victime. Quelles conséquences sur la structure familiale actuelle, et ses liens possibles avec les générations précédentes au-delà du non-dit du secret de famille inavouable. Quelles zones d’ombre en héritage se sont réveillées ? Quelques cas de ma clinique nous y aideront.     <div><b>DISSOCIATION HYPNOTIQUE</b></div>
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      <img src="https://www.hypnosexo.com/photo/art/default/6987955-10686965.jpg?v=1410859727" alt="Hypnose, inceste et ancêtres. Clothilde Lalanne" title="Hypnose, inceste et ancêtres. Clothilde Lalanne" />
     </div>
     <div>
      Nous connaissons tous ces attitudes quotidiennes qui sont simplement des mises en autohypnose naturelles. Le corps, par sa mémoire, avance, traverse, prend l’itinéraire pour aller d’une pièce à une autre, au travail ou dans tout itinéraire répétitif, pendant que notre esprit revit soit le temps du passé – la mémoire –, soit le temps du futur – l’anticipation. Seul notre corps est dans le temps « du moment ». Lorsque notreesprit habitera à nouveau notre corps, le temps sera « ici, maintenant », soit le présent, moment du « je », j’existe, j’habite le temps. Les automatismes n’impliquent pas la présence de l’esprit : il peut s’en émanciper, « faire sans y penser ». Hegel, dans sa leçon d’esthétique, parle de l’esprit qui s’affranchit de la matière. Le somnambulisme ne correspondrait-il pas à ce que peut le corps indépendamment de l’esprit ? <br />   <br />  Ces réflexions nous font associer sur la dissociation qui se produit chez l’incestué : présent dans la scène mais absent de lui-même. C’est une protection instinctive contre la destruction psychique. Le ton de la voix, les regards, les gestes, le lieu, les odeurs, les bruits participent à cette mise en état d’hypnose. S’il y a répétition de l’agression, la victime va se dissocier immédiatement. Il y aura eu de puissants ancrages, l’emprise est donc établie, comme une anesthésie, la proie est paralysée. C’est ce mécanisme qui adulte va rendre l’incestuée fragilisée face à des pervers, à des grands manipulateurs, sectes ou « gourou ». Si lui-même a des caractéristiques perverses, alors c’est lui qui agira ainsi, d’autant plus sur l’autre plus tard. Si dans le courant de la vie l’enfant, l’adulte côtoie un des ancrages, il se dissocie immédiatement. Il arrive ainsi fréquemment que la victime s’en veuille, car elle s’imagine être l’initiatrice de l’agression sexuelle. D’où honte, culpabilité, colère déportée contre elle-même. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>INCESTE ET SÉQUELLES</b></div>
     <div>
      Il est vrai que l’acte incestueux présente des formes très diverses, variées, complexes. Il peut être hétérosexuel ou homosexuel, avec des agresseurs d’âge <br />  identique ou beaucoup plus âgés. N’oublions pas que les climats incestueux sont également très fréquents et dévastateurs : les parents qui ne protègent <br />  pas l’enfant du bruit de leurs ébats sexuels, le rendant de ce fait partenaire de leur sexualité, complice ; les regards érotisant la relation parent-enfant, ou beauparent- enfant ; l’ambiguïté de certains gestes, des mains qui frôlent, des baisers trop appuyés, mêmes les baisers de certains parents ou familiaux sur la bouche de l’enfant sont des climats délétères. « Oh ! me disait une patiente, mon grandpère me le faisait déjà, alors je pensais que c’était naturel et que je pouvaisdonc agir ainsi avec mes enfants. » Lorsqu’elle comprit le geste incestueux, elle s’est arrêtée, ne voulant pas perpétuer l’inceste familial dont elle était une des victimes. <br />   <br />  Racamier donne cette définition de l’incestuel : « C’est ce qui dans la vie psychique individuelle et familiale porte l’empreinte de l’inceste non fantasmé, sans qu’en soient nécessairement accomplies les formes génitales. » N’oublions pas que l’inceste est interdit et puni par la loi. Ce message est à rappeler même si ce n’est pas le thème de ce chapitre. Trop de victimes en portent de sérieuses séquelles dont la gravité peut les entraîner à détruire leur propre vie. Il est donc nécessaire de ne pas esquisser les attitudes, regards, gestes lourds de sous-entendus et équivoques, créant des climats incestueux, pesants, provoquant des traces psychiques très destructrices. Qui d’entre nous n’a pas rencontré de tels cas dans nos cabinets ? Des patients évoquant des atmosphères floues, étranges, malsaines, sans qu’ils puissent raconter un fait précis comme s’il n’y avait pas de limites ressenties. Implicite violence ! Les conséquences sont <br />  lourdes pour la victime. Nous retrouvons cette musique d’attitude chez certains parents qui utilisent leur enfant pour combler leur vide ou leur ennui. Ainsi <br />  l’adolescent, le jeune, a des difficultés à « partir » sans peur de chez lui, son départ pouvant provoquer une souffrance de rupture du lien chez la mère le plus souvent, ou le père. « Quitter les bras, les complicités parentales pour être heureux ailleurs ? » Mais si le parent ne l’a jamais verbalisé... comment en avoir le droit ? <br />   <br />  Une jeune patiente de 22 ans, fille unique, aînée d’une fratrie de cinq enfants, racontait que son père exigeait qu’elle prenne son bain dans l’eau qu’il avait utilisée et qu’il lui laissait rien que pour elle ! « Les frères prennent des douches, par souci d’économie », disait-il. De plus en plus mal à l’aise, un jour elle proposa de prendre le bain la première. Son père exprima avec colère l’ingratitude qu’elle témoignait à ne pas reconnaître l’honneur qu’il lui faisait en partageant ce lien si personnel. Depuis, elle peut seulement prendre des douches, absolument pas dupe de ce qui se vit en elle. Elle ne venait pas en consultation pour cela… mais ayant récemment emménagé en Corse, au bord d’un petit étang dans lequel il était possible de se baigner, sa demande était de faire de l’hypnose : elle désirait pouvoir se reposer, se détendre dans l’eau, tranquillement, même en faisant« la planche comme son mari et leurs amis ». Elle en était incapable : prise d’angoisse, elle nageait le plus vite possible pour rejoindre la terre ferme et se calmer. <br />   <br />  Quelques moqueries discrètes de son entourage l’accompagnaient. Nous avons commencé par des séances d’hypnose durant lesquelles elle laissait venir et <br />  ressentir des souvenirs joyeux, récents, avec ses enfants. Ce fut à partir de ce travail-là que lors d’une séance elle retrouva des sensations corporelles agréables, dans un paysage ensoleillé, inconnu, de bord de mer. Un poste de radio égrenait à ses oreilles les notes de musique d’une berceuse que lui fredonnait sa mère. Son bien-être fut tel qu’elle voulut goûter la douceur de cette eau étrangement calme et s’y baigna paisiblement. Sortant de cette expérience, elle se lève et me dit : « Ça y est ! J’accepte les sensations sécurisantes de l’eau. » Effectivement, les cartes de Corse qu’elle m’adresse le confirment.
     </div>
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     <div><b>L’HYPNOSE ET SES EFFETS CURATIFS</b></div>
     <div>
      Nous savons bien que l’hypnose est une mise en relation, et en grec « thérapeute» veut dire « serviteur ». C’est la qualité de ce qui se passe dans notre relation avec le patient qui est thérapeutique. Le patient a besoin de se sentir reconnu : nous entendons sa douleur, nous la cueillons, il le sent, le sait, le comprend. Nous ne prenons pas son mal, il lui appartient ; d’autant qu’il peut avoir besoin de sa douleur quelque temps pour remplir son vide de connu. <br />  « L’abstinence thérapeutique » est une expression qui ne signifie pas ne rien faire, mais ne pas avoir de projet sur l’autre, ne pas croire que nos idées, nos réflexions sont les meilleures pour sa vie. C’est à lui de l’inventer, de la créer. Notre travail consiste à l’aider à retrouver toute sa sensorialité, l’harmonie avec de ses cinq sens en leur redonnant vie afin qu’il trouve ce qui lui est spécifique. <br />   <br />  Dans l’inceste, le corps de l’enfant est devenu objet, sa pensée est hypnotisée. La parole est tue le plus souvent. Jung nous dit bien que « la véritable thérapie <br />  ne commence qu’une fois examinée l’histoire personnelle, c’est-à-dire le secret qui a brisé le patient ». Dans les situations d’inceste, nous nous trouvons <br />  fréquemment face au secret, à la honte, à la peur, à la colère qui n’a pas le droit de s’exprimer contre le parent, l’ami, l’intime des parents, les voisins proches, la famille qui se tait. Comment faire pour ne pas courir le risque d’être moins aimé ou plus du tout ? Là encore, chaque cas est particulier. Les relations humaines sont une immense complexité et reconnaître la spécificité de chacune permet au patient-victime de se sentir respecté dans ce qu’il est. Ressenti fondamental pour qu’il puisse « oser être », « oser inventer », créer lui-même sa propre destinée. <br />   <br />  Ce qui provoque le changement est dans le « voir autrement ». Lorsque je dis à un patient de changer de lunettes, il comprend tout de suite de quoi je parle. <br />  Ainsi le système installé ne peut plus être le même. En hypnose, le corps se souvient de toutes ses émotions : les odeurs reviennent, les sons résonnent à <br />  nouveau, les images même métaphoriques se laissent voir. Alors l’être peut utiliser les compétences qu’il possède pour puiser en sa force intérieure. Le processus thérapeutique peu à peu opère.
     </div>
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      <img src="https://www.hypnosexo.com/photo/art/default/6987955-10687029.jpg?v=1412946201" alt="Hypnose, inceste et ancêtres. Clothilde Lalanne" title="Hypnose, inceste et ancêtres. Clothilde Lalanne" />
     </div>
     <div>
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     </div>
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   <title>Hypnose naturelle. Philippe Brenot</title>
   <pubDate>Mon, 15 Sep 2014 11:03:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Joëlle Mignot</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Hypnose et Sexologie]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div><b>"Moi qui ai signé, un des premiers, ma conviction intime aux effets réels du magnétisme animal…"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.hypnosexo.com/photo/art/default/6986755-10685086.jpg?v=1410773638" alt="Hypnose naturelle. Philippe Brenot" title="Hypnose naturelle. Philippe Brenot" />
     </div>
     <div>
      Armand de Chastenet, marquis de Puységur, se présente ainsi dans l’avant-propos de ses Mémoires pour servir à l’histoire du magnétisme animal, en 1786. Nous sommes à la fin du XVIIIe siècle et, avec beaucoup de réserve scientifique, le marquis de Puységur reconnaît à la fois l’intérêt des expériences de Mesmer et de ses propres observations, mais demande à ce que cela soit « cinquante fois répété pour en attester de bonne foi ». Puységur fait dès lors preuve d’un réel esprit scientifique en dénonçant la charlatanerie de certains magnétiseurs, mais en reconnaissant la réalité de ce qu’il appelle magnétisme animal. Nous sommes devant la première reconnaissance des effets objectifs de l’hypnose, qualifiés dès cet instant « d’animale », c’est-à-dire liés à ce que l’on pourrait appeler l’animalité de l’homme. <br />   <br />  <strong>HYPNOSE ANIMALE</strong> <br />   <br />  L’hypnose animale existe, je l’ai rencontrée. <br />   <br />  Si je fais cette affirmation c’est pour rappeler, s’il en était besoin, le caractère réellement naturel de l’hypnose alors que la plupart des observateurs la pensent induite par l’hypnotiseur. La réalité est que depuis des siècles, et dans chaque culture selon des modalités différentes, certains initiés ont utilisé les capacités naturelles du sujet à être hypnotisé pour asseoir leur pouvoir. Car en vérité, la plupart du temps c’est le sujet lui-même qui présente cette capacité naturelle sans le savoir. Les travaux sur l’hypnose naturelle dans le monde animal sont quasi inexistants ou seulement à titre d’observations, souvent anecdotiques, ce qui contribue encore à renforcer la croyance dans le pouvoir de l’hypnotiseur. Cette capacité naturelle existe vraisemblablement chez tous les vertébrés, sinon <br />  la plupart. Il s’agit certainement d’une fonction archaïque de survie se mettant en jeu dans des circonstances particulières, pour protéger l’individu, lorsque l’immobilisation immédiate est nécessaire comme, par exemple, pour se dissimuler devant le prédateur. C’est ce qu’a décrit Albert Demaret, dans son Divan naturel. <br />   <br />  Dans des circonstances particulières, le sujet est alors capable d’immobilisation subite par abandon momentané de la volonté, de pseudo-paralysies (cf. la feinte de l’aile brisée chez les oiseaux) ou l’apparence d’une totale involonté pour « faire le mort », encore une fois afin de leurrer le prédateur. C’est certainement ce mécanisme qui entre en jeu dans les situations d’hypnose animale que nous connaissons. J’ai personnellement observé des phénomènes hypnotiques très surprenants dans trois lignées phylétiques : les gallinacés, les crustacés, les sauriens. <br />   <br />  C’est un phénomène bien connu dans les basses-cours, que l’on hypnotise facilement une poule en bougeant rapidement la main devant ses yeux et en la retirant brutalement. L’animal reste alors figé, le regard lointain et immobile, comme tétanisé. Il peut cependant marcher d’une façon quasi automatique, toujours « le regard dans le vide ». J’ai également le souvenir de la présentation de trois homards vivants (la couleur de la carapace en attestait) présentés immobiles sur un plateau d’argent la queue relevée en arrière, après avoir été hypnotisés par frottement rapide à l’arrière du crâne. C’est une technique assez connue pour obtenir la « tétanisation » de ce type de crustacés. J’ai enfin observé avec une grande stupéfaction l’hypnose d’un petit crocodile dans l’arène d’un cirque, toujours en lui massant le rachis en arrière du crâne, à quelques mètres des enfants qui étaient assis pour la représentation. Une fois hypnotisé, le crocodile resta libre de ses mouvements mais immobile, pendant quelques minutes, la gueule ouverte, jusqu’à ce que les animaliers le maintiennent à nouveau. <br />   <br />  Cette hypnose animale semble une propriété naturelle que nous pouvons mettre en jeu par nous-mêmes (autohypnose) ou par l’intermédiaire d’un initié (sorcier, magnétiseur ou thérapeute) connaissant cette propriété et les moyens de l’activer. C’est ainsi que le magnétiseur fera plutôt croire à son pouvoir et le thérapeute aux capacités du sujet à entrer par lui-même dans cet état afin de mobiliser ses forces intérieures. <br />   <br />  <strong>FREUD ET CHARCOT</strong> <br />   <br />  Lorsque Freud suivit l’enseignement de Charcot à la Salpétrière dès 1885, il était très admiratif de la pensée du maître et du pouvoir thérapeutique de l’hypnotisme. Ce n’est que quatre ans plus tard qu’il préférera la « cure par la parole » à l’hypnotisme, à la suite du suicide d’une patiente suivie par lui en hypnose, suicide qu’il attribua à un excès de suggestion. En cela il assimilait hypnose et suggestion, et tentera dès lors de se situer au plus loin de la suggestion, en préconisant l’absence d’inductions, quelles qu’elles soient, ce qui fut réalisé par la psychanalyse. Il oscillera cependant souvent dans ses opinions en se rappelant de l’intérêt des effets de l’hypnose et, à plusieurs reprises, il tempèrera son jugement, comme par exemple en 1912, dans ses « Conseils aux médecins sur le traitement psychanalytique », lorsqu’il affirmera : « Ne pas s’opposer à ce qu’un psychothérapeute combine une certaine dose d’analyse à quelque traitement par suggestion, dans le but d’obtenir plus rapidement un résultat thérapeutique patent. » ; ou encore dans sa conférence au congrès de Budapest en 1918 : « Tout porte aussi à croire que, vu l’application massive de notre thérapeutique, nous serons obligés de mêler à l’or pur de l’analyse une quantité considérable du cuivre de la suggestion directe. »
     </div>
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     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.hypnosexo.com/photo/art/default/6986755-10685132.jpg?v=1412946235" alt="Hypnose naturelle. Philippe Brenot" title="Hypnose naturelle. Philippe Brenot" />
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