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La Revue des Praticiens en Hypnose et Sexologie, dirigée par Joëlle Mignot

Histoire de la sexualité, le regard de Foucault : « Une scientia sexualis »



Par Louise Guyot, Psychologue clinicienne
Revue Sexualités Humaines n°39


Introduction

Force est de constater que la sexualité n’est pas un objet immuable et émane d’un développement historique considérable.
Etymologiquement, les mots « sexualité », « sexué » et « sexe » sont dérivés des mots latins sexualis et sexus ayant pour signification « séparation, distinction ». Le sens « séparation » du mot sexus correspond alors à la séparation biologique des sexes, qui est la caractéristique fondamentale de la reproduction sexuée. De plus, une des composantes de la sexualité concerne également les aspects cognitifs et culturels, c’est-à-dire les mœurs, les représentations, les croyances, les valeurs ou encore les symboles. Alors comment s’est développée cette mise en discours de la sexualité, qu’en est-il de son histoire ? Peut-on penser la sexualité comme une science sociale ? Les représentations sociétales de la sexualité faisant l’objet d’un autre point de cette réflexion, il s’agit pour nous de mettre en exergue les points importants abordés par Foucault lorsqu’il s’agit de penser la sexualité. C’est en 1976 que paraît La volonté de savoir, premier tome de Lhistoire de la sexualité de Michel Foucault. Foucault développe une réflexion nouvelle sur l’histoire de la sexualité, ses discours et sa relation au pouvoir. C’est au travers de ce regard que nous rendrons compte des pensées et du cheminement gravitant autour de la sexualité humaine. Il s’agit alors de nous mettre au travail quant aux fonctions et impacts que l’histoire de la sexualité convoque.

Mise en discours de la sexualité : et si on en parlait ?

De prime abord, à partir du XVIIe siècle, la fonction de reproduction du sexe prend le pas dans les considérations inhérentes à la sexualité. En effet, le couple légitime se doit d’être reproductif et comme l’explique Foucault, vient faire office de norme, de standard, détenant la vérité. Mais la vérité sur quoi ?
Notons qu’à cette époque tout ce qui s’éloigne de la fonction reproductive et donc vraisemblablement le plaisir, était caché ou chassé, le silence était de rigueur. Il s’agissait alors de faire disparaître ou de dissimuler tout ce qui pouvait évoquer la sexualité, qu’il s’agisse d’actes ou de paroles. En ce sens, Foucault nous dit : « On n’a rien à dire, rien à voir ni à savoir » (Emplacement 27).
En effet, ce qui était considéré comme « illégitime », il y avait ce que Foucault nomme des « lieux de tolérances », il s’agit en fait de maisons closes. Le plaisir alors sexuel, qui ne se nomme pas, devenait objet de marchandise, il ne se parlait pas mais se comptait. La répression autour du sexe était de mise et Foucault se questionne sur la prospérité de notre affranchissement. En ce sens, il explique que la répression est à entendre comme le mode fondamental de liaison entre le pouvoir/savoir et la sexualité. Autrement dit, le fait de réprimer la manière dont nous pouvons parler ou agir la sexualité autorise également l’infiltration du pouvoir. Le pouvoir vient donc gouverner au sein même de nos représentations et de nos actions la façon dont s’articule notre sexualité et les codes avec lesquels nous l’exerçons.  

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Joëlle Mignot
Joëlle Mignot est psychologue clinicienne spécialisée en sexologie clinique et en hypnose... En savoir plus sur cet auteur


Rédigé le Lundi 17 Décembre 2018 à 16:49 | Lu 36 fois modifié le Lundi 17 Décembre 2018

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